Construire son empreinte : le long chemin vers l'authenticité
Entre choix techniques hasardeux et pivots stratégiques, voici comment j'ai appris à construire une identité professionnelle cohérente plutôt qu'une vitrine technique.
La technique ne fait pas le business
Pendant longtemps, j’ai confondu compétence technique et proposition de valeur.
Portfolio Vue 3, puis React, puis Next “pour le SEO”. Chaque itération était une vitrine de compétences plutôt qu’un outil de vente. Le problème ? Un client ne cherche pas un développeur qui sait utiliser Next.js. Il cherche quelqu’un qui comprend son problème.
La migration vers Astro n’était pas qu’un choix technique. C’était reconnaître que mon site devait refléter ce que je vends réellement : des solutions pragmatiques, pas de la complexité pour impressionner.
Déléguer n’est pas abandonner
L’industrie tech valorise le “full-stack”, le développeur qui fait tout. C’est une erreur coûteuse.
Le design et l’esthétique sont essentiels, mais ce ne sont pas mes forces naturelles. Tout comme certains aspects du code où je n’ai pas assez d’expertise. Prétendre tout maîtriser n’est pas une stratégie honnête. Je préfère définir clairement mon périmètre et déléguer les aspects que je ne maîtrise pas.
Cette réalisation change tout. Accepter ses limites n’est pas une faiblesse, c’est la base d’une croissance soutenable.
Propriété vs location de son audience
La dépendance aux plateformes est un risque que peu de freelances mesurent.
Construire son audience uniquement sur LinkedIn ou des marketplaces, c’est louer sa visibilité. L’algorithme décide de votre portée. Les conditions changent du jour au lendemain. Votre réputation dépend d’une plateforme tierce.
Je ne dis pas qu’il faut ignorer ces plateformes. LinkedIn, Malt, ou d’autres peuvent être d’excellents outils d’acquisition à court terme. Mais ils doivent rester des canaux éphémères, pas votre fondation. Utilisez-les pour gagner en visibilité, puis redirigez votre audience vers votre propre écosystème.
Mon site est une prise de risque calculée. Moins de visibilité immédiate, mais contrôle total sur mon message, mes contenus, ma stratégie à long terme. C’est mon actif durable qui permet d’évoluer, d’expérimenter, et de générer des revenus sans intermédiaire. Dans dix ans, matthieugravy.dev existera encore. Un profil LinkedIn peut disparaître du jour au lendemain.
Le vrai coût de la transparence
40€ à 55€ de l’heure selon la complexité.
Si j’avais simplement écrit cela, beaucoup de gens auraient validé ou écarté l’idée sans aller plus loin. Mais surtout, on ne se rend pas compte de la dépense totale d’un projet.
Je travaille avec le temps. Mon objectif n’est pas de proposer un projet express et bâclé, mais de proposer un projet solide, fait pour durer. C’est pour cela qu’il y a une estimation du prix : estimer le temps qu’un projet prend et son coût réel. J’ai décidé d’aller plus loin avec une transparence tranchée.
Afficher ses tarifs est rare dans le secteur. La plupart des freelances et agences cachent leurs prix derrière un “contactez-nous”. C’est une stratégie valide pour capter l’attention, mais elle crée de la friction.
Ma transparence est un pari : filtrer en amont les prospects inadaptés et gagner la confiance de ceux qui recherchent l’honnêteté. Certains partiront immédiatement. D’autres apprécieront de ne pas perdre de temps en devis inutiles.
Cette approche ne convient pas à tout le monde. Mais elle attire le type de clients avec qui je veux travailler.
Qualité vs vitesse : le vrai arbitrage
“Gagner de l’argent, c’est aussi prendre le temps.”
Cette phrase peut sembler passive. Elle ne l’est pas.
Prendre le temps, c’est avoir un rythme constant et discipliné. Comme un athlète qui alterne sprints et phases de récupération stratégique. Ce n’est pas de la lenteur : c’est de l’intensité contrôlée.
Un projet bâclé pour “livrer vite” coûte plus cher qu’un projet bien fait. Mais un projet sur-réfléchi qui traîne indéfiniment ne vaut pas mieux. La vraie rigueur, c’est maintenir un tempo soutenu tout en refusant les raccourcis toxiques.
Concrètement, cela signifie :
- Cadrage intensif en début de projet — pas de démarrage flou qui coûtera des semaines plus tard
- Validation continue avec le client — des checkpoints fréquents, pas une réunion tous les deux mois
- Refus des compromis techniques qui créent de la dette — mais exécution rapide une fois la direction validée
- Pauses tactiques — stopper 48h pour recueillir des retours réels plutôt que coder 3 semaines dans la mauvaise direction
Ce n’est pas de la procrastination déguisée. C’est de la concentration appliquée sur ce qui compte vraiment.
Un marathon se court à rythme régulier, pas en sprint jusqu’à l’épuisement.
Évolution, pas perfection
Mon approche évolue constamment. Les services que je propose aujourd’hui ne seront pas exactement les mêmes dans six mois.
Certains seront retirés. D’autres ajoutés. Des features en développement amélioreront l’expérience client. Cette flexibilité n’est pas de l’instabilité — c’est une réponse adaptative au marché et aux retours terrain.
Le perfectionnisme paralyse. L’amélioration continue produit des résultats.
Construire son empreinte, c’est accepter que l’authenticité prenne du temps. Mais c’est le seul moyen de bâtir quelque chose de durable.